(1906 - 19??)


Enseigne en métal - Économusée de Charlevoix


Pinte et demiard - André Daunais
Chopine et bouchon 38mm - Paul Conner
Sur le bouchon : "Crémerie Union" de Trois-Rivières et
"Crémerie Crête" de Grand-Mère; quel est le rapport?


Pinte et demiard - Laurier Fluet
Chopine - Mario Lussier
Bouchons 42 et 34mm - Pierre St-Amand


Bouchon en aluminium - Denis Morin
(Shawinigan Sud sur le bouchon!)


Bouchons aluminium et 42mm - Danny Currie


Bouchon aluminium - Paul Conner
Trois derniers bouchons 42mm - André Daunais


J. Alexandre Crête 1887 - 1987

Photo prise en novembre 1986 par Georges Crête de Ste-Foy, chercheur généalogiste, sans parenté avec Alexandre Crête. Alexandre Crête devait mourir quelques mois plus tard (le 6 septembre 1987), à l'âge de 100 ans et 6 mois.


Document de Pierre Cantin

Historique

J. Alexandre Crête, fils de Hilaire et de Clarisse Dessureault, marié en premières noces à Saint-Stanislas, le 19 avril 1909, à Rose-Anna Bordeleau, fille de Félix et d'Exilia St-Arnaud; marié en secondes noces à Saint-Timothée de Hérouxville, le 5 novembre 1923, à Antoinette Thiffault, fille de Wilfrid et d'Octavie Duchemin.

Alexandre Crête est issu d'une famille de onze enfants. Né en 1887 à Saint-Séverin, il gagne très jeune la région de Saint-Timothée d'Hérouxville, qui allait devenir le berceau de ses activités professionnelles. À son arrivée à Saint-Timothée, il n'y avait ni curé, ni église. On allait procéder à l'érection de la paroisse quelques années plus tard.

À l'âge de 14 ans, il travaille déjà comme draveur dans les chantiers. En 1906, à l'âge de 19 ans, il décide d'aller apprendre le métier de fromager à la fromagerie de son frère aîné Albert, établie à Sainte-Thècle.

Un an plus tard, J. Alexandre prend possession de sa première petite fromagerie dans le rang Saint-Pierre à Hérouxville. Cette première fabrique n'a rien de bien compliqué; un bassin, une bouilloire, un moulin à main pour "hacher le caillé", une presse "debout" à quatre moules, chaque moule étant muni d'une vis pour le pressage de la meule.

Les débuts sont très difficiles. La première année d'opération constitue une mince période de temps entre juin et juillet. Les troupeaux ne sont pas considérables et J. Alexandre fabrique à peu près 1 meule de fromage par jour, qu'il vend au prix fabuleux de 8¢ la livre. Pour joindre les deux bouts, il doit donc retourner travailler dans les chantiers du nord de la Mauricie durant l'hiver.

Au printemps 1908, M. Crête rouvre pour une deuxième année consécutive sa fabrique au même endroit. Cette fois, il a le support de 25 petites fermes laitières qui lui envoient du lait. Il peut maintenant fabriquer de 2½ à 3 meules de fromage par jour. À la fin de cette deuxième année, il décide de construire, en face de la première, une autre fromagerie un peu plus grande, 26 pieds par 38 pieds, avec chambre à fromage.

En 1912, J. Alexandre fait un stage à l'école de laiterie de St-Hyacinthe et obtient son diplôme de fabricant de fromage.

En 1914, en raison de la guerre, la fabrication du fromage est rendue particulièrement difficile par l'absence totale de "présure" sur le marché. La présure étant indispensable à la fabrication du fromage cheddar canadien, M. Crête doit avoir recours à un ingrédient artificiel appelé communément "Pepsin". Ce nouvel agent altère sensiblement la procédure habituelle de fabrication du fromage mais, après bien des pertes, on réussit tout de même à fabriquer un fromage canadien convenable.

En 1918, dans le but de localiser sa fabrique dans un centre plus avantageux, M. Crête défait sa fabrique du rang St-Pierre pour la déménager dans le village d'Hérouxville, au coin du grand rang de St-Tite. Il ajoute à la chambre à fromage, une glacière qu'il bâtit attenante au mur de la chambre.

L'hiver, il s'occupe en allant couper le bois de chauffage qu'il aura besoin pour alimenter la bouilloire. Il va aussi sur le Lac-à-la-Tortue afin de couper les blocs de glace qui assurent la réfrigération durant la saison chaude. La famille Crête voit aussi à la confection des boîtes à fromage.

Mais J. Alexandre Crête voit encore plus grand. Il se procure tout l'outillage nécessaire à la fabrication du beurre; il veut devenir un spécialiste de la fabrication du fromage et du beurre.

En 1921, changement dans l'administration des crémeries. Une ordonnance aux crémeries stipule que les payes aux fournisseurs de lait doivent désormais se faire en tenant compte du pourcentage de gras.

En 1922, M. Crête retourne à St-Hyacinthe pour y suivre un cours d'expert essayeur de lait. Désormais il pourra fournir le marché local du délicieux beurre "Crête".

Mais c'est définitivement 1946 qui marque le principal tournant dans la carrière de M. Crête qui décide, cette année-là, d'aller s'établir à Grand-Mère. L'humble fabrique passe alors au rang d'entreprise familiale. Elle portera désormais le nom de Crémerie Crête Inc.


Crémerie Crête en 1946 - Photo : Solange Fernet Gervais, prés. Société d'histoire

Elle est située sur la 14e Rue à Grand-Mère. Elle devient une entreprise régionale d'envergure à laquelle on ajoute un centre de pasteurisation, une usine d'embouteillage de lait nature et un service de distribution quotidienne. La collaboration de 4 des fils d'Alexandre a bien sûr rendu possible une pareille réalisation.

En 1956, un service local parfaitement bien organisé alimente le marché régional, depuis Trois-Rivières jusqu'à La Tuque, avec les nombreux "Produits Crête". De Montréal jusqu'en Abitibi, on accueille très positivement le bon "Fromage Canadien" soigneusement enveloppé à l'établissement Crête. Ce fromage a été jugé le meilleur à l'exposition régionale de Trois-Rivières en 1955.


Fromage et beurre de la Crémerie Crête - Photo : Solange Fernet Gervais, prés. Société d'histoire

On peut dire que M. Crête a trimé dur jusqu'à 75 ans, moment où il a décidé de prendre sa retraite.

Dans "Le Nouvelliste de 1979", on peut y lire que : la Crémerie Crête n'existe plus, qu'elle a été vendue. Que M. Crête habite toujours à Saint-Timothée avec son épouse, Antoinette Tiffault, que le couple a eu 14 enfants, comptent 31 petits-enfants et 10 arrière-petits-enfants."

Sources : "Le Nouvelliste", édition 9 juin 1956, p. 8
et l'édition du 24 février 1979, p. 10.
"Le Nouvelliste" quotidien de Trois-Rivières qui couvre toute la Mauricie.


En 1946; ouverture de la 1ère crèmerie - Photo : Solange Fernet Gervais, prés. Société d'histoire

Personnes : Albert Beaudoin (maire de St-Georges) - Gilbert Larue (curé) - Alexandre, Oswald, Justin,
Jean et Yvanhoé Crête - Ernest Gagnon (centre de la porte)


Bénédiction de la fromagerie Crête qui coïncide avec le 50e anniversaire de la fromagerie
Photo : Solange Fernet Gervais, prés. Société d'histoire

Personnes : Abbé Marcel Lefebvre - Neveu du fondateur - Jean Crête (actionnaire) - Gilbert Larue (curé), Alexandre Crête (fondateur de la crèmerie et beurrerie) - Albert Beaudoin (maire de St-Georges) - Claude Crête (secrétaire) - Yvanhoé Crête (directeur) - Abbé Oswald Crête (fils du fondateur) - Albert Crête (St-Séverin, actionnaire) - Clément Crête (fils du fondateur et actionnaire)


Bénédiction de la fromagerie Crête qui coïncide avec le 50e anniversaire de la fromagerie
Photo : Solange Fernet Gervais, prés. Société d'histoire
Gauche à droite : Maurice Duplessis - Jean Crête - Florido Matteau - Yvanhoé Crête


Publicité du journal "The Shawinigan Standard" 16 décembre 1964 - Pierre Cantin



Calendriers de publicité 1963 à 1967 - Olivier Denis


Bande dessinée - Pierre Cantin


Bon de laiterie une pinte
Claude Aubé

Recherches : M. Yvon Crête
Photos : Solange Fernet Gervais,
Prés. Société d'histoire

Révisé 03-12-2014
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