Laiterie Arthabaska
(1956 - 1970)
" Ubald Bergeron Prop. "


M. Ubald Bergeron en 1980  (Photo - Denis Morin)

Historique

La laiterie Arthabaska prend ses origines en 1915. Philippe Bergeron et Rachel Blanchette aidés de leurs 10 enfants, Lionel, Ubald, Florient, Sylvio, Georges-Etienne, Jean-Marie,  Camille, Marie-Ange, Marie-Paule et Jeannine, sont déjà établis et exploitent une grande ferme laitière en banlieue de la ville d'Arthabaska.

C'est avec le lait de leur troupeau que Philippe et Rachel effectuent les premières ventes de lait cru. Les contenants utilisés sont des bouteilles de verre clair avec des bouchons non identifiés. Cette façon de procéder fonctionnera jusqu'en 1956, année où débute la vraie histoire de la laiterie Arthabaska.

En 1956, la ferme est exploitée par Lionel, un des fils de Philippe qui a épousé Édith Fortier. Toute la production laitière de la ferme servira à alimenter la future "Laiterie Arthabaska".

Donc en 1956, avec l'importante production laitière de Lionel, Ubald qui a épousé Thérèse Verville en 1950 et qui eurent 3 enfants, J-André,  Martial et Ghislain, décide de faire l'acquisition d'un lopin de terre sur la partie sud-est de la terre paternelle. Ubald y fait construire une immense bâtisse qui devient la "Laiterie Arthabaska" située au 103 rue Suzor. Cette bâtisse a deux étages, le premier pour la laiterie et l'autre lui sertde logis.


Arthabaska Dairy, 103 Suzor Street - Photo Robert Benoît

Ubald est un homme d'affaires clairvoyant et solidement épaulé par son épouse Thérèse, qui voit à la gestion des livres. Dès le début, devant le phénomène de la pasteurisation, Ubald fonde une entreprise très moderne. La toute récente bâtisse est immédiatement équipée de toute la machinerie nécessaire servant à la transformation du lait; pasteurisateur A.P.V., embouteilleuse etc.

En 1956, les permis de pasteurisation ne sont pas donnés à qui veut en avoir. Les demandeurs doivent vendre plus de 200 pintes par jour mais ce n'est pas un problème pour la laiterie Arthabaska qui en produit déjà plus de 1200. La première pasteurisation s'effectue le 13 août 1956.

En ce qui a trait aux différents permis d'exploitation, on doit se conformer aux règlements de toutes les municipalités environnantes car chacune a ses propres exigences. Ceci représente alors une surcharge de travail et d'investissement.

Enfin, pour se garantir de la meilleure expertise possible en matière de qualité, Ubald va à l'école de laiterie de Saint-Hyacinthe. Le 27 octobre 1960, il reçoit son certificat d'Essayeur de Lait et le 23 novembre 1960, celui de Lait Nature.


Certificat "Essayeur de Lait Nature"
Bulletin "Essai des produits laitiers" 87.3% ---->


PERMIS D'ESSAYEUR - janvier 1965


PERMIS D'EXPLOITATION - janvier 1964


PERMIS D'EXPLOITATION - juin 1961


Permis pour vendre des produits laitiers
à Victoriaville - Mai 1959

L'embouteillage se fait toujours dans des bouteilles rondes en verre clair, non lettrées. Les formats utilisés sont les pintes, les chopines et les demiards, comme la plus part des laiteries. On embouteille aussi les petites crémettes de verre et les bouteilles de jus "Green Spot". On fait aussi la distribution du bon beurre identifié "Crémerie Arthabaska".


Publicité parue en décembre 1960    (Photo - Denis Morin)


Livret de facturation - Denis Morin

Pour identifier leurs produits, la laiterie a plusieurs modèles de bouchons : lait homogénéisé, pasteurisé, sans gras, différentes crèmes 15-32-33% et le fameux lait au chocolat TOPSY qui fait la fierté de la laiterie. Beaucoup de publicité entoure le fameux lait au chocolat TOPSY; bouchons, crayons, chapeaux etc.


Bouchons 42mm et " chapeau Topsy" - Denis Morin


Deux premiers bouchons 42mm - Paul Conner
Troisième bouchon 42mm - Denis Morin


Premier bouchon 42mm - Dale Peacock
Deuxième bouchon 42mm - Denis Morin
Troisième bouchon 42mm - Paul Huntley


Bouchons 42mm - Robert Benoît

La laiterie Arthabaska, possède un très bon système de distribution qui fait que beaucoup de gens viennent se joindre a l'entreprise. Des routes de lait sont distribuées à des livreurs tout en demeurant la propriété de la laiterie Arthabaska. Chacun a son territoire bien déterminé et chacun le respecte. Ils travaillent tous dans un même but soit d'offrir le meilleur service possible.

Les livreurs prennent leur travail à cœur. Pour les remercier et fidéliser la clientèle, la laiterie donne des primes. Ces primes peuvent être des bouchons en plastique identifiés au nom du laitier, des crayons, des cartons d'allumettes et des calendriers. Dans le secteur Warwick, Jean Hamel avait des bouchons réutilisables en plastique vert.


Calendrier de publicité - Laurier Fluet




Bouchon de plastique, crayons et calendrier 1967 - Denis Morin


Calendrier(s) et livret d'allumettes - Denis Morin
(Pour revoir à nouveau tous les calendriers : Actualisez la page )

Beaucoup de livreurs offraient ces primes : Michel Verville, Conrad Lemay à Arthabaska, Rolland Dion, Jean-Guy Campagna, Raymond Saucier qui fait une partie de Warwick, Kingsey et Tingwick, Nathaniel Blanchette dans Arthabaska et Jean-Guy Therrien qui fut l'un des plus vieux laitiers en terme d'années de service; celui-ci poursuivit chez Victo et par la suite chez Purdel jusqu'à sa retraite à 65 ans. Tous s'en donnaient à cœur joie en distribuant les magnifiques calendriers et les cartons d'allumettes promotionnels de la laiterie Arthabaska.

Un des principaux clients de la laiterie est l'hôpital  d'Arthabaska. Celui-ci est géré par une congrégation religieuse qui a son propre troupeau de vaches. Ubald Bergeron achète le lait de la ferme des religieuses, le pasteurise et leur revend pour la consommation à l'hôpital.

Au fil des ans, la laiterie Arthabaska ne cesse de grandir et plusieurs transformations sont rendues nécessaires. Pour les besoins de réception, d'expédition et le remisage des camions, en 1960 on décide de construire un garage à l'arrière de la laiterie.

L'équipe de travail continue aussi d'augmenter et les Bergeron sont réputés pour prendre bien soin de leur personnel. À cet effet, en 1965, on construit un deuxième étage au-dessus du garage. Ce deuxième étage sert de salle de réceptions pour la laiterie et à l'occasion, est louée pour divers événements.

Nous sommes maintenant en 1970 et la laiterie Arthabaska est toujours bien prospère. Cependant, en homme d'affaires aguerri, Ubald étudie la compétition et voit le phénomène des fusions qui commence à faire son apparition. La mode est maintenant aux grandes entreprises qui balaient tout sur leur passage.

Chez ses voisins de Victoriaville et Plessisville, Ubald constate la grande synergie qui est créée par la fusion de la "Crémerie Bois-Francs" et la "Laiterie Plessis" pour fonder la "Laiterie VICTO". Tout semble très bien fonctionner et leur chiffre d'affaires augmente.

Quelques rencontres suffisent pour qu'Ubald Bergeron vienne se joindre au groupe pour partager la nouvelle bannière "Laiterie VICTO". Cette affiliation met fin aux activités du 103 rue Suzor mais c'est aussi le commencement d'une nouvelle aventure pour Ubald Bergeron.

Hors le commerce du lait, M. Bergeron aime bien s'impliquer socialement. Il a été conseiller pour la ville d'Arthabaska pendant plusieurs années.

Fait à noter : lors de sa fusion avec la laiterie Victo, Martial, le fils d'Ubald qui travaillait à la laiterie Arthabaska, fut transféré à la laiterie Victo où il a travaillé tout près de 30 ans. Durant ces années, il a aussi occupé le poste de directeur d'usine auprès de M. Bédard.

Aujourd'hui, la bâtisse de l'ancienne laiterie Arthabaska est toujours en place et sert d'immeuble locatif. Une belle page d'histoire de la ville d'Arthabaska s'est écrite autour de la famille Bergeron. Elle désire aujourd'hui remercier tous ceux, travailleurs et clients, qui ont contribué au succès d'une si belle aventure. M. Ubald Bergeronest décédé en 1992.

Sources : Mme. Thérèse Verville Bergeron épouse d'Ubald Bergeron
et son fils Martial Bergeron.

Recherches : Denis Morin collectionneur

Révisé 17-09-2013
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